Nous vous donnons beaucoup de conseil pour être plus belle, plus rayonnante. Mais, comme nous aimons à le rappeler, c’est davantage comment on se sent à l’intérieur qui va donner à quelqu’un son charme inexplicable. En ce sens, être détendue, heureuse et avoir confiance en soi est votre atout principal.

La confiance en soi en chute libre

Or, depuis quelques années, l’estime de soi devient une denrée de plus en plus rare. D’abord avec l’arrivée des séries et des magazines présentant des modèles féminins frôlant la perfection grâce entre autres à la luminosité et au maquillage, puis ensuite avec l’arrivée de Photoshop, amenant progressivement une nuée d’images retouchées.

Aujourd’hui, l’usage de logiciels de retouche est une normalité. La photographie consiste maintenant davantage en la postproduction qu’en la prise en elle-même. Même les clichés « naturels » sont en réalité améliorés à outrance.
Les réseaux sociaux amènent cela à un niveau encore supérieur, et ce, via les filtres. Non seulement les jeunes filles se retrouvent entourées d’images « parfaites », mais elles sont également confrontées à l’image de ce « qu’elles pourraient être ». Le retour à la réalité n’en est que plus dur.
Même si des voix se font entendre pour montrer la supercherie (ex. James Welsh qui dénonce l’usage de filtres de certaines célébrités, ou Sasha Pallari, qui a lancé le mouvement FilterDrop), le mal est déjà fait. Certaines applications ou appareils photo mobiles appliquent même un filtre sans en avertir les utilisateurs. Une raison supplémentaire pour créer un décalage entre l’image sur écran et l’image du miroir.

D’après une étude menée par Dove depuis 2014, 1 jeune fille de 13 ans sur 3 apprécie son reflet dans le miroir. Entre 13 et 15 ans, 1 fille sur 3 a HONTE de son apparence. Chiffre qui augmente à 63% pour les filles passant plus de 2 heures par jour sur les réseaux sociaux.

Quelques exemples

Il y a peu, Dove a lancé une campagne pour sensibiliser sur ce sujet. Peut-être avez-vous vu les vidéos sur les réseaux. Il existe deux versions sur Facebook : l’une nous montre d’abord la jeune fille au naturel (en preview), l’autre nous montre d’abord la jeune fille retouchée.
Il est impressionnant de voir à quel point ce simple fait peut nous amener à avoir un avis complètement différent sur l’esthétique de la jeune fille au naturel ! Si on la découvre d’abord, on aura un avis beaucoup plus positif (car, de fait, c’est une jolie jeune fille, au visage sympathique, mignonne). Par contre, si on voit d’abord l’image retouchée… La transition se fait violente. D’un coup, des « défauts » apparaissent (sa tête devient très large par exemple), alors que ce n’était pas du tout vu comme tel dans l’autre cas.

Un autre exemple que l’on peut tous expérimenter, est l’utilisation de filtres Snapchat. A chaque changement de filtre, l’espace de quelques secondes, on aperçoit notre vrai visage. Bon nombre se trouveront bien moins attirantes à ce moment-là, que si elles avaient simplement ouvert l’application appareil photo sans filtre.
Et à un moment donné, on se retrouve à ouvrir snapchat ou insta juste pour se voir avec un filtre. Juste pour se voir « belle ». La réalité devenant une déception, pas à la hauteur.

Jusqu’où irons-nous ?

L’amélioration de la qualité des prises de vues aurait dû nous amener à être plus en phase avec la réalité. La qualité des écrans et des caméras peut maintenant permettre de voir chaque détail de la peau, chaque rougeur, chaque bouton. Mais, hélas, cette évolution aura été accompagnée par une utilisation exponentielle d’outils pour cacher cette réalité.

Entre celles qui maitrisent ces outils et qui ont l’impression de vivre dans un mensonge lorsqu’elles s’aperçoivent dans le miroir et celles qui ne maîtrisent pas les outils et sont confortées dans l’idée de ne pas être aussi bien que les autres, personne ne gagne.
Les seuls gagnants seront les chirurgiens esthétiques, toujours plus en vogue, à qui on apporte aujourd’hui des images d’instagrammeuses irréelles.

Comment faire pour s’accepter dans un monde qui n’accepte que l’impossible ?